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Bien-être . Nature . Lecture

La lecture, pilier du bien-être – Partie 1/2

Lecture et bien-être

Oui, oui, un pilier.

Depuis des millénaires, le cerveau de l’homme a été façonné pour lier le geste à la parole et la pensée. La lecture en est la parfaire illustration : elle impulse un mouvement dans tout notre corps.

Quelle soit considérée comme un moyen de réflexion, d’analyse, d’introspection, d’évasion, de créativité ou de repos, elle s’inscrit au sein d’une hygiène de vie respectueuse de nos besoins, au même titre que manger, s’hydrater, bouger.

Parce qu’il s’en passe des choses quand on lit, plein.

Nous n’en avons pas forcément conscience mais notre cerveau et notre système nerveux travaillent dur durant cette pause afin qu’elle nous soit bénéfique.

Lire comporte ainsi de nombreux bienfaits (les neurosciences offrent un grand nombre de résultats de recherches sur le sujet).

J’ai choisi d’en évoquer quelques-uns ici mais le thème est très vaste; je prépare d’autres articles.

Dans celui-ci, pas de recettes toutes faites pour lire « plus » ou « mieux » ni de conseils de lecture mais simplement des éclairages sur les bienfaits des livres, sur leur « pourquoi » : pourquoi  ils prennent autant soin de nous.

D’ailleurs, cette lecture vous détendra peut-être, qui sait…

L'impact de la lecture sur le cerveau et le système nerveux

Lire ne se définit pas seulement par le fait de déchiffrer des mots, encore faut-il interpréter les phrases qui elles-mêmes forment des images dans notre cerveau au fil de la lecture.

Dis comme ça, cela peut sembler évident.

Nous avons besoin de comprendre ce que nous lisons sans quoi nous perdons le sens.

Une autre évidence.

Lire demande un effort intellectuel durant lequel nous faisons abstraction de notre environnement (dans la mesure du possible) pour porter notre attention sur le récit. Cette dernière nous permet de plonger dans l’univers du livre, de n’importe quel genre qu’il soit.

Mais pourquoi cet énoncé d’évidences ?

Parce que lire, au-delà de nous procurer du plaisir, de la joie et de la détente, est (très) loin d’être une activité anodine.

Elle nous aide à nous recentrer sur nous en ne faisant qu’une tâche à la fois et c’est en partie là que la pratique révèle tout son intérêt, pour plusieurs raisons.

- La lecture améliore la mémoire -

De la même manière que tous les autres muscles du corps, le cerveau nécessite de l’entraînement quotidien pour rester en bonne santé et performant. La lecture permet donc de garder un cerveau actif en l’empêchant de perdre ses capacités.

Pourquoi ?

Parce que lire implique de se souvenir d’une multitude d’informations et de les comprendre afin d’en retirer un apprentissage ou une idée à approfondir ou encore à mieux plonger à l’intérieur de soi : retenir les différents personnages, leur passé, leurs intentions, leur vécu, les enjeux auxquels ils sont confrontés, les nuances, les actions, les intrigues secondaires…

La pratique favorise l’ancrage et la mémorisation dans les parties du cerveau impliquant non seulement la mémoire mais aussi la vision, la langue et l’apprentissage associatif. Ces fonctions s’unissant dans un circuit neuronal spécifique lors de la lecture, ce qui est très stimulant pour le cerveau.

À notre insu, il procède à d’infinies associations d’idées, elles-mêmes reliées à des émotions pour que nous puissions déduire des choses de notre lecture.

Apprendre sur nous et sur le monde… et nous en souvenir.

La mémorisation est d’autant plus prégnante si la lecture nous renvoie à des situations vécues ou familières. Le processus d’identification à l’oeuvre impactera d’autant plus fort notre mémoire.

Grâce à la lecture, le cerveau est forcé de créer de nouveaux souvenirs, ils améliorent la mémoire à court terme mais peuvent aussi s’inscrire de manière plus durable, voire indélébile, dans notre mémoire à long terme.

Tout dépend de l’environnement dans lequel nous lisons, le choix du livre, notre état d’esprit et à tout ce que nous renvoie le récit.

Je vais sans doute me répéter tout au long de l’article, mais oui, les émotions font partie intégrante du processus de mémorisation, sorte de fil rouge dans les méandres de notre esprit.

Et ce pour n’importe quelle émotion.

- La lecture améliore aussi l'attention et la concentration -

Comme vu plus haut, la lecture demande un effort d’attention afin de saisir le sens de ce que nous lisons.

Or, cette attention peut nous faire cruellement défaut (en touchant tous les âges).

En cause ?

Notre esprit gravite en permanence autour d’Internet, des écrans, des réseaux sociaux, un bouillon de multi-tâches qui attaque notre capacité de concentration de toutes parts, du matin et soir et, parfois, du soir au matin.

Cette sur sollicitation permanente est un véritable fléau pour notre cerveau.

Et pour le cerveau en construction des enfants… C’est clairement affolant.

Il s’agit d’un piège, d’un mirage pour nos neurones.

Certes, nous pouvons nous sentir capables (et satisfaits) de prouesses quand nous pouvons diviser, en quelques minutes à peine, une seule tâche en une multitude d’autres. À bien y regarder, la plupart sont des diversions, des dispersions et des parasites pour notre esprit.

Ce sujet m’interpelle beaucoup parce que je ne crois définitivement pas que notre cerveau, lui, se satisfasse de ces grands huits. Il s’épuise, nous continuons, il est proche de l’implosion et nous nous plaignons de ne plus y arriver…

Regardons très précisément nos quotidiens, la réponse sera évidente.

Bref.

Le problème est que le cerveau, dans son immense capacité d’adaptation, s’habitue à cette surchauffe, même si elle impacte directement notre santé, notre sommeil, notre hygiène de vie entière.

D’ailleurs, combien de personnes informent très régulièrement avoir besoin d’une coupure avec les réseaux sociaux… 

Nous flirtons avec l’addiction, quand elle n’est pas déjà installée.

Ce comportement hyperactif, hyper vigilant pour ne « rien » rater (le fameux syndrome du FOMO) génère énormément de stress dans notre organisme.

Il peut ralentir voir anéantir notre productivité et notre créativité.

La dispersion et la sollicitation excessives nous empêchent tout simplement de respecter nos rythmes et, surtout, notre besoin de calme et de repos.

Pour autant, je ne bannis pas l’utilisation des outils numériques. Mais il me semble capital aujourd’hui de réfléchir à l’impact de leur sur consommation sur notre santé physique, émotionnelle et psychique.

L’enjeu est majeur pour nos enfants.

En lisant un livre, il se passe tout l’inverse. Notre attention et notre concentration convergent vers une intrigue ou un sujet précis. L’effet positif est quasi immédiat puisque nous nous immergeons dans le récit, nous nous rendons disponible pour ne faire que ça.

À renouveler, donc, et le plus souvent possible.

- La lecture favorise les connexions neuronales -

En effet, en créant de nouvelles mémoires, lire permet de créer de nouvelles synapses : ce sont les zones de contact entre les neurones (à savoir : la communication entre les neurones se fait par l’intermédiaire des cellules qui composent la substance blanche de notre cerveau. L’entretenir en lisant, par exemple, permet de la réparer et de la développer.)

Plus on lit, plus on solidifie les synapses existantes. Par conséquent, nous augmentons notre capacité de rétention de la mémoire à court terme (évoquée plus haut).

En bref, nous retenons mieux.

Et cela a aussi un effet régulateur sur notre humeur.

Pour aller un tout petit peu plus loin, les connexions neuronales s’activent dans les régions du cerveau qui s’occupent de la compréhension de récits mais aussi dans le cortex somatosensoriel, la zone qui se charge du mouvement. Elle est elle-même stimulée par le fait se ressentir les mouvements des personnes du récit : leurs aventures, par exemple, et également à travers le mouvement de nos yeux et de nos mains qui tournent les pages.

Tout un monde de subtilités.

La connexion neuronale représente l’un des bienfaits majeurs de la lecture. Plus nos neurones sont sollicités et connectés, plus il nous est facile de bouger, de penser, de mémoriser.

En un mot : de fonctionner.

- Le pouvoir de l'imagination -

De multiples facteurs entrent en jeu lors de la lecture, notamment les neurones miroirs.

À retenir ici : les neurones miroirs alimentent sans cesse notre esprit en recréant (dans le cas de la lecture) ce qu’imagine l’auteur pour son livre.

Bien sûr, ils ne sont pas liés qu’au fait de lire, ils agissent au sein de toutes nos interactions.

Leur impact tient dans le fait qu’ils activent les mêmes aires cérébrales que celles sollicitées lorsque que l’on est dans l’action. Nous avons cette capacité à simuler mentalement chaque nouvelle situation d’une narration.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que les détails de l’action du texte s’intègrent à nos propres connaissances et notre propre vécu. 

Il existe une synergie entre les différentes aires cérébrales activées, les neurones miroirs, le processus d’identification et les émotions.

Tout ce petit monde s’active pour prendre soin de notre cerveau en le nourrissant, en le stimulant et en lui permettant de nous laisser nous évader, nous projeter, voyager à travers un livre.

Lire pour mieux dormir

Est-ce que lire peut être soporifique ?

Oui, absolument, mais dans le sens positif du terme.

Cependant, la nuance se trouve dans le support choisi.

Et oui…

- L'exposition à la lumière bleue des écrans dérègle notre horloge biologique -

En effet, la lumière bleue stimule fortement les récepteurs de la rétine, ce qui a pour conséquence d’informer notre horloge interne qu’il fait jour, presque tout le temps.

Cette stimulation induit un retard ou décalage de phase d’endormissement même si notre corps a envoyé des signaux de fatigue en amont.

Il résiste parce qu’il reçoit des informations contradictoires.

Comment s’enfuit le train du sommeil à toute vitesse ?

À travers la déficience de production en mélatonine, l’hormone du dodo. D’infimes signaux lumineux de lumière bleue peuvent l’inhiber. Et là, impossible de la rattraper. Ceci ajouté au manque éventuel de sérotonine, son cofacteur, le sommeil peut être très perturbé.

À l’heure où l’activité cérébrale (intellectuelle et émotionnelle) devrait diminuer, place aux écrans de fin de journée… Ils génèrent malheureusement une excitation cognitive qui perturbe nos systèmes de régulation internes, comme une sorte de vigilance inappropriée au moment où le corps a le plus besoin de repos. Notre cerveau est en mode « sentinelle » alors qu’il devrait être en mode ralentissement de l’attention pour favoriser un sommeil profond

Parce que c’est lui qui est réparateur.

Voilà pourquoi checker un livre sur une étagère est bien plus bénéfique que de checker nos mails ou scroller sur les réseaux sociaux avant de dormir.

D’ailleurs, nous devrions tout arrêter au moins une heure avant, deux heures dans l’idéal.

- Instaurer un rituel à l'aide d'un livre papier -

Une routine lecture et détente après le repas, pourquoi pas ?

En plus, elle ravira les enfants, si si. La lecture, notamment à voix haute, fait des miracles sur eux. Voilà pourquoi ils aiment tant l’histoire du soir.

En même temps, c’est souvent le seul moment disponible dans nos journées (sur) chargées.

Pourquoi un énième rituel ?

Parce qu’il informe le corps qu’il est temps de ralentir et de se reposer. Et, en ouvrant un livre chaque soir, on crée une routine bénéfique.

Pourquoi pas accompagnée d’une lumière douce et tamisée, de bougies naturellement parfumées, d’un peu de musique en fond sonore…

Vous vous y voyez ?

Mince, vous pensez que ça fait trop cliché ?

Peut-être un peu.

Ceci dit, l’ambiance du pré dodo est essentielle. Lire à ce moment-là nourrit cet espace de transition vital.

Attention cependant aux lecture trépidantes, elles pourraient avoir l’effet inverse, vous vous en doutez. Autant bénéficier d’une lecture tranquille qui, grâce au mouvement de nos yeux va instaurer une cadence particulière, un rythme, un bercement pour notre cerveau et notre corps.

Lire le soir apaise en ralentissant le rythme cardiaque et en chouchoutant le nerf vague.

Profitez de ce moment pour prendre soin de vous.

L'effet relaxant de la lecture

Pour approfondir la partie précédente.

- Elle diminue le stress et l'anxiété -

Le stress est omniprésent dans notre quotidien, ce n’est pas une révélation. Dans notre activité, notre famille, nos relations ou face à des imprévus, la vie met souvent nos nerfs à rude épreuve.

Pour y faire face, nous avons notre façon de faire : aller marcher, faire du sport, pratiquer le yoga, méditer, se mettre à la cohérence cardiaque, écouter de la musique.

Il y aussi les personnes qui choisissent tou simplement un livre.

Car, oui, vous le devinez, la lecture aide à réduire le stress de manière importante.

Une étude réalisée par l’Université de Sussex (Angleterre) a montré que la lecture était un moyen très efficace de lutter contre le stress et l’anxiété, de manière plus importante même que la musique ou la marche.

Lors de cette étude, les chercheurs ont testé différents moyens de relaxation auprès de volontaires. Ils ont constaté qu’après seulement 6 minutes de lecture, les tensions dans les muscles et les battements du coeur diminuaient peu à peu. Précisément, le stress diminue de 68%, contre 61% en écoutant de la musique, 54% en buvant une tasse de thé et 42% en marchant.

Comment cela se produit-il ?

Nous l’avons déjà vu, en lisant, notre esprit se concentre sur une tâche : comprendre ce qui est écrit. Ce processus nous apaise notamment parce que nous « oublions » nos préoccupations pour un temps pour nous fondre dans l’histoire de quelqu’un d’autre.

D’ailleurs, selon le neuropsychiatre David Lewis :  » La lecture est la meilleure façon d’arrêter de penser à nos soucis. Se perdre dans un livre est la relaxation ultime. Peu importe le livre que vous choisissez, en vous laissant absorber par lui, vous échappez à vos soucis et au monde réel source de stress. Lire, c’est passer un moment à explorer le domaine de l’imagination de l’auteur ».

Et ne rien faire d’autre.

Un roman nous transporte dans une autre dimension, dans une autre temporalité, il peut nous divertir, nous faire voyager, nous faire rire ou pleurer. Il est un moyen accessible pour nous alléger et prendre du temps pour nous.

Et pourquoi pas lire en écoutant de la musique et en buvant une tasse de thé ?

Une synergie idéale… 

- Elle représente une source sûre d'ancrage -

Nous venons de le voir, lire procure une détente au niveau du corps en diminuant le rythme cardiaque et en coordonnant la respiration.

La thématique du livre joue malgré tout un rôle important.

Mais allons un peu plus loin afin d’explorer cette dimension de l’ancrage grâce à la lecture.

  • lire est l’un des moyens privilégiés pour prendre du temps pour soi; elle favorise l’ancrage dans le présent tout en nourrissant notre imagination et en nous faisant voyager;
  • nos sens sont éveillés, ce qui renvoie à la face maternelle de la lecture. Par exemple, le toucher du papier peut symboliquement renvoyer au contact, au peau à peau. Et le toucher nous rassure. De plus, nous pouvons visualiser, sentir, entendre ou encore goûter à travers notre perception; la stimulation de nos sens permet l’ancrage en jouant le rôle de repères à l’intérieur de nous;
  • lire suscite des émotions plus ou moins fortes à travers le processus d’identification aux personnages : ce dernier fait sens et crée du lien avec nos propres expériences. Ce processus est constitutif de notre humanité de notre besoin d’appartenance. Il nous renvoie à la question existentielle de notre place;
  • le papier joue un rôle de contenant, au sens propre comme au sens figuré. Nous l’avons aussi vu, celui-ci nous sécurise parce qu’il représente un repère fiable dans l’espace.

Finalement, après avoir tranquillement diminué notre stress, la lecture peut jouer pleinement son rôle : celui de nous rendre heureux.

Je vous laisse prendre le temps d’explorer ces informations; vous les aviez déjà peut-être.

Je prépare la suite de l’article dans laquelle vous lirez comment lire peut adoucir la solitude et favoriser l’empathie ou encore comment profiter pleinement de cette pratique accessible (et souvent gratuite).

Prenez du temps pour vous.

À très vite.

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Magali Turis

A propos

Bonjour et bienvenue !

Je suis Magali, Éducatrice de santé-Naturopathe et Bibliothérapeute, maman, multipassionnée, et varoise d’adoption depuis 10 ans. 
Ce blog (mon refuge) est consacré au bien-être féminin à travers les différents piliers de la santé ainsi qu’aux bienfaits de la lecture. Vous trouverez donc ici des articles et des chroniques sur la nutrition/santé/bien-être au féminin, la bibliothérapie, la parentalité, la nature, des coups de coeur, des bouts de vie.

En espérant que vous y trouverez de l’inspiration, le plaisir de lire et de découvrir.

À très bientôt !

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